La fin de l’âge d’or des radiologues

Les radiologues ont longtemps bénéficié d’une période faste, un salaire confortable, un monopole dans la lecture d’imagerie et des compétences reconnues faisaient tout l’attrait de la profession. Mais le salaire trop élevé, les caisses de la sécu vides et des technologies incroyablement performantes menacent la profession.

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Un salaire parmi les plus élevés

Selon la Drees, leur revenu moyen a atteint près de 190 000 euros en 2011, soit 52 % de plus que pour l’ensemble des spécialistes (125 000 euros), et 90 % de plus si l’on tient compte des généralistes (100 000 euros). Avec les anesthésistes, les radiologues font partie des médecins les plus riches, et restent une des spécialités les mieux choisies lors de l’internat de médecine. Le salaire des radiologues est sans doute l’une des raisons de ce choix. D’après la Dress, les 1 % les mieux payés ont empoché en moyenne près de 655 000 euros la même année, trois fois et demie plus que la moyenne de cette spécialité, et presque trois fois plus que le gratin des dermatologues parisien.

Derrière le salaire important des radiologues, se cache des rémunérations importantes pour la lecture d’imagerie, qui se font parfois à la chaine. Comme toutes les spécialités, il y a des radiologues compétents et des incompétents, qui passent parfois à côté de diagnostics importants. Ces deux éléments, à la fois le salaire trop important que la sécurité sociale tente de juguler, et l’incompétence de certains radiologues, ou simplement les limites de l’œil humain, incite les entreprises à proposer des solutions. Le salaire des radiologues qui est de moins en moins supporté par la sécurité sociale et des compétences de plus en plus remises en cause a déjà convaincu les chercheurs que l’humain derrière un écran devrait être remplacé.

Les algorithmes de plus en plus performants

Une étudiante en médecine américaine demandait, à juste titre, lors d’une conférence : « la radiologie, est-ce un métier d’avenir ? » effrayée par la percée de la technologie dans ce domaine. Les algorithmes sont en effet de plus en plus performants, tout comme la dermatologie, la radiologie est fortement menacée par l’apport de l’informatique et des logiciels médicaux. Les médecins prescripteurs n’obtiendront que le résultat final, obtenu par informatique, c’est en tout cas l’objectif que se fixe de nombreuses start-up américaines, promettant des gains de personnels aux hôpitaux nord-américains.

Les algorithmes se nourrissent de centaines de millions d’images, plus qu’une armée de radiologues n’en verra dans toute une vie. De quoi faire peur à la profession. Cependant d’autres radiologues tentent d’apprivoiser la technologie et d’en faire un allié. Arie-Pierre Revel, radiologue à l’hôpital Cochin à Paris explique « qu’au contraire, ça nous rend plus disponible pour passer plus de temps auprès du patient pour des diagnostics d’annonce qui sont parfois compliqués, qu’on ne peut pas évacuer en cinq minutes. Le gain de productivité qu’on peut avoir par ces systèmes peut libérer plus de disponibilité pour des choses plus humaines. C’est ça l’essentiel de notre métier ». Des paroles qui sonnent creux quand on sait que le radiologue n’est pas du genre à se précipiter au chevet du patient.

Une négociation à la baisse

La CNAM revoit les tarifs des forfaits techniques à la baisse. Les radiologues coutent cher et le fait comprendre à la profession. Ces propositions d’économies s’élèvent à 74,6 millions d’euros pour les forfaits techniques d’IRM et de scanner, auxquels s’ajoutent 3,9 millions d’euros pour les TEP (tomographie par émission de positrons), précise la CNAM.

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