Réforme 2020 : une sélection bien présente

Le cadre de la réforme a été fixé par le Président de la République dans son discours du 18 septembre 2018 : “Le Numerus Clausus sera supprimé pour cesser d’entretenir une rareté artificielle, et pour nous permettre de former plus de médecins avec un mode de sélection rénové, et de renforcer la dimension qualitative et le niveau de formation des études de santé. Dès la rentrée 2020, il n’y aura plus de concours à la fin de la première année, c’est-à-dire plus de PACES. »

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Les mots du Président ont été très clairs, et l’objectif était clairement de faire disparaitre deux mots tabous : numérus clausus et concours. Ces deux mots étaient devenus les ennemis numéro un du tous les gouvernements successifs. Le professeur Jean-Paul Saint-André, spécialiste en anatomopathologie, et ancien président de l’université d’Angers a été missionné pour réaliser un rapport avec des propositions pour mettre en œuvre les souhaits d’Emmanuel Macron. C’est chose faite, et nous avons résumé pour vous ses propositions, qui seront très probablement mises en place à la rentrée 2020.

Il y aura à partir 2020 deux voies d’accès aux études de santé (Médecine/Pharmacie/Odontologie/Maïeutique=MMOP) :

  1. S’inscrire dans une première année de licence permettant une candidature aux filières MMOP.

La candidature à l’admission en MMOP sera conditionnée à :

  • La validation en un an de 60, ECTS.
  • Possiblement la validation additionnelle d’unités d’enseignement constituant une mineure santé.
  • Des critères d’admissibilité supplémentaires, par exemple avoir validé l’année de licence en première session, avoir plus de 12 de moyenne et/ou un examen du dossier selon certains critères pré établis et connus des étudiants.

Pour les étudiants qui remplissent ces critères, des épreuves d’admission seront organisées : par exemple une épreuve écrite et/ou orale, à laquelle ne sont convoqués que les admissibles, et qui peut être commune à plusieurs modes d’entrée.

Toutes les licences ne permettent pas forcément une candidature dans toutes les filières (par exemple, possibilité de candidater en médecine et maïeutique à partir d’une L1 de psychologie, mais en pharmacie à partir d’une L1 de chimie).

Si l’étudiant est admis dans une des filières MMOP, il poursuit en DFG2. Sinon il poursuit en L2 ; il peut à nouveau candidater en fin de L2 ou de L3 s’il remplit les conditions d’admissibilité.

Dans une variante de ce dispositif, les composantes santé pourraient ne proposer une admission qu’après deux années de licence validées, ou proposer des conditions d’admission directement en DFG3.

  1. S’inscrire via un portail santé.

Ce portail santé est proposé uniquement dans une université avec composante santé, et par la composante santé. Ce portail santé permet un accès aux études MMOP, un accès à d’autres métiers de la santé, et un accès à d’autres poursuites d’études en L2.

Ce portail santé peut être mutualisé, ou confondu avec une première année de licence sciences pour la santé. Il peut aussi être disponible dans une université qui n’a pas de licence mention “sciences pour la santé”.

L’admission dans ce portail santé se fait sur Parcoursup. L’organisation de cette première année est déclinée en blocs de compétences, et en UE. Elle permet la validation de 60, ECTS.

Elle est constituée d’enseignements médicaux, notamment d’enseignements transversaux aux différentes filières de santé. L’organisation de cette première année favorise le choix par l’étudiant de sa poursuite d’études : le contrat pédagogique de l’étudiant précise la ou les filières MMOP auxquelles il souhaite candidater, et la ou les autres formations de premier cycle dans lesquelles il souhaite poursuivre son cursus. L’organisation de cette première année pourrait déroger à certains éléments de l’arrêté licence. La candidature à l’admission en 2e année de MMOP sera conditionnée à :

  • La validation en un an de 60, ECTS.
  • Des critères d’admissibilité supplémentaires, par exemple avoir une moyenne supérieure à un seuil.
  • Les conditions d’admissibilité en MMOP pourraient être conçues de telle sorte qu’elles valorisent le choix de l’étudiant (par exemple une note minimale à un module spécifique, en plus d’une condition de moyenne générale pour candidater dans une filière MMOP).

Pour les étudiants qui remplissent ces critères, des épreuves d’admission seront organisées : par exemple une épreuve écrite et/ou orale, à laquelle ne sont convoqués que les admissibles, et qui peut être commune à plusieurs modes d’entrée.

En conclusion, une voie d’accès conserve une voie médicale exclusive à travers le portail santé, mais avec une sélection sans concours et incluse dans un cursus de licence. La deuxième voie, permet à des étudiants d’autres types de licences, jugé compatible de tenter leur chance pour intégrer les études médicales. Donc rien de bien nouveau sous le soleil, mais plus de numérus clausus, le nombre à former serait décidé régionalement entre ARS et université, et plus de concours, mais une sélection tout aussi sévère par les notes et un examen oral et/ou écris.

N’hésitez pas à nous dire dans les commentaires ce que vous pensez de cette réforme ou si vous avez des questions.

Le rapport est consultable sur le site du ministère ici

 

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