
Paru en avril 2025, l’Atlas de la démographie médicale du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) est inquiétant pour les générations de médecin à venir. La France pourrait connaître une surpopulation médicale à l’horizon 2040 ! Le retour de la vente de patientèle est-elle à craindre ?
Jamais la France n’a compté autant de médecins en activité ! Au 1er janvier 2025, ils sont plus de 241 000, soit près de 4 000 de plus en un an. La tendance est claire : les rangs grossissent d’année en année grâce à la fin du numerus clausus, à la possibilité de prolonger sa carrière en cumulant retraite et activité, ou encore au recours croissant aux médecins remplaçants. Selon les projections, si ce rythme continue, le pays pourrait dépasser les 315 000 praticiens d’ici 2040. Une vraie armée de stéthoscopes, même si leur répartition pose encore problème.
Des médecins plus jeunes et plus nombreux… mais pas partout
Autre évolution marquante : la profession se rajeunit. Les moins de 40 ans représentent désormais près d’un tiers des effectifs, contre seulement 16 % en 2010. La féminisation poursuit aussi sa progression, changeant peu à peu le visage de la profession. Mais attention, cette bonne nouvelle cache une réalité moins rose : les médecins ne s’installent pas partout. Certaines régions, notamment rurales ou centrales, peinent à attirer des praticiens. Résultat : la moyenne nationale de 357 médecins pour 100 000 habitants masque des écarts parfois impressionnants selon les territoires.
Un équilibre encore fragile
Pour combler les manques, la France s’appuie beaucoup sur les médecins diplômés à l’étranger, qui sont près de 30 000 à exercer régulièrement en 2025. Ils sont souvent en première ligne dans les zones où les besoins sont criants. Mais cette solution, bien qu’indispensable, ne résout pas tout. L’hyperspécialisation et la concentration des médecins dans les grandes villes compliquent encore l’accès aux soins pour une partie de la population. À long terme, c’est donc toute l’organisation du système de santé qu’il faudra ajuster, afin de transformer cette croissance numérique en un réel gain pour les patients.
Nombreux, plus jeunes et plus féminins, les médecins dessinent un nouvel horizon pour la santé en France. Mais la bataille de la répartition reste à gagner. Mais devant la gestion chaotique de la démographie médicale, il faut craindre le manque de médecin comme la surpopulation médicale tant les réponses apportées sont flous. Vigilance donc.
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